La politique du logement n’est pas une partie de bonneteau

Depuis le début de l’été, les déclarations et annonces gouvernementales se multiplient sur la question du logement. Elles traduisent à la fois une grande fébrilité et une priorité absolue à la recherche d'une diminution des dépenses publiques.

Dès le mois d'octobre, les locataires les plus modestes verront leur pouvoir d'achat amputé de 5 euros. Dans le même temps, le montant des subventions destinées au financement des logements les plus sociaux pour l'année 2017 est amputé de 20%. Prises sans aucune concertation pendant l’été, ces mesures rentrent en application au moment où le gouvernement présente une stratégie « logement » dont nous pourrons voir les premières concrétisations dans le projet de loi de finances pour 2018.

L'annonce d'une nouvelle diminution de l'APL, pour les seuls locataires du parc Hlm, s'accompagne de la garantie donnée aux locataires que cette baisse sera intégralement compensée par une diminution des loyers. Ces décisions et ces annonces témoignent d’une profonde ignorance accompagnée d’un grand mépris pour les difficultés que vivent les français et qu'avec les collectivités locales, tous les acteurs du logement s'emploient à résoudre.

Depuis plus de 100 ans, les bénévoles et les professionnels des organismes Hlm sont attachés à accompagner partout sur le territoire français toutes les mutations de la société française. Ils portent une attention permanente à tous les exclus de la croissance ou aux victimes des évolutions parfois très brutales de certains territoires. Pour cela, ils ont construit, un modèle robuste basé sur la solidarité nationale, la responsabilité des organismes et un partenariat étroit entre tous les acteurs, Etat, collectivités, partenaires sociaux, associations.

Nous ne pouvons pas accepter que ces efforts soient remis brutalement en cause, sans réelle concertation, au seul motif d’une économie budgétaire supportée par les plus modestes de nos concitoyens. Ce ne sont pas seulement les équilibres financiers des organismes qui sont fragilisés, c’est le coeur du pacte républicain conclu entre tous les Français qui est remis en cause.

 

Denis Rambaud
Président de la FNAR

NB : le bonneteau est un jeu d'argent, un jeu de dupes de l'ordre de l'escroquerie, proposé à la sauvette sur les marchés et dans les lieux publics.

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